Toyota Corolla 2017 : une cinquantenaire aux multiples personnalités

Toyota Corolla 2017 : une cinquantenaire aux multiples personnalités

{u'fr': u'Essai routier de la Toyota Corolla 2017'}

Peut-on transformer un monument? Oui. Toyota le démontre par la douce évolution qu’il fait subir à la Corolla depuis son apparition, au milieu des années 1960. La « p’tite Japonaise » chétive d’alors s’est métamorphosée en une compacte respectable et raffinée. Une transformation qui aura toutefois duré un demi-siècle et nécessité 11 générations successives. Les Cambodgiens ont un proverbe pour décrire cela : le bœuf est lent, mais la terre est patiente.

Au cours de ses 50 années d’existence, la Toyota Corolla a changé radicalement. Le modèle dévoilé au Salon de l’auto de Tokyo en octobre 1966 ne mesurait que 3,9 mètres et son 4-cylindres de 1,0 litre à soupapes en tête livrait tout juste 64 chevaux aux roues arrière. Le modèle actuel, une mise à jour de la Corolla 2014 lancée lors d’un événement à grand déploiement en Californie, en juin 2013, fait 4,6 mètres de long et les deux 4-cylindres de 1,8 litre à doubles arbres en tête proposés aux acheteurs canadiens fournissent respectivement 134 et 140 chevaux à cette traction. De plus, dans la majorité des cas, ces moteurs sont jumelés à une boîte automatique à variation continue, alors que la Corolla originelle était livrée à ses acheteurs nippons avec une boîte manuelle à 4 rapports ou, plus rarement, une automatique à 2 rapports contre supplément. Les temps changent…

La gamme de la Corolla
La Corolla est cependant restée fidèle à sa mission initiale : être abordable. La gamme de modèles 2017 l’illustre bien, leurs prix s’étalant de 16 390 $, pour la version CE d’entrée de gamme, à 25 410 $, pour la version la plus cossue, la Corolla SE dotée de l’ensemble XSE (celle dont nous avons fait l’essai). Des prix qui mettent cette voiture compacte, aujourd’hui encore, à la portée d’un grand nombre de consommateurs.

Cela dit, il faut admettre que l’ensemble optionnel XSE, qui ajoute 3 920 $ aux 21 490 $ que coûterait autrement une Corolla SE à boîte automatique, n’en fait pas une voiture du peuple. Après tout, cet ensemble sert beaucoup à rehausser l’image de marque d’un modèle longtemps associé à… la couleur beige. 

Il procure à la Corolla XSE d’élégantes roues en alliage de 17 pouces et des freins à disque aux 4 roues, alors que les autres versions se contentent de roues plus petites et de tambours à l’arrière. Cet ensemble mise aussi sur le confort et l’agrément de conduite du conducteur avec un siège baquet à 8 réglages électriques, le démarreur à bouton-poussoir et le rétroviseur à atténuation automatique avec fonction HomeLink et boussole. Le conducteur sera aussi le principal bénéficiaire du système de navigation, qui s’affiche sur un écran tactile de 7 pouces plutôt que celui de 6,1 pouces des autres Corolla. Il pourra toutefois partager l’écoute des stations SiriusXM sur la radio satellite (s’il s’abonne) en profitant de l’air frais filtrant du toit ouvrant vitré, des exclusivités de la version XSE. Ses sièges à surfaces en cuir Softex seront aussi plus faciles à nettoyer, si jamais Junior échappe une boule de crème glacée durant une balade dominicale. Et puis, il y a de petits galons bleus qui définissent les contours de ses sièges (tout comme ceux en tissu de la Corolla SE) : on n’en trouverait pas dans une auto « beige »!

Nouveaux museaux pour le 50e
La Toyota Corolla XSE et la SE se distinguent des autres versions de la gamme par le design commun de l’avant de leur carrosserie. La calandre grillagée paraît plus proéminente, un effet accentué par les feux de jour à DEL alignés en angle aux extrémités. Elle est également surmontée d’un écusson ovale de la marque mis en valeur par la languette d’une moulure décorative de couleur agencée à la carrosserie. Difficile de le manquer.

Les autres Corolla — CE, LE et LE Eco — ont une calandre à longues lattes horizontales beaucoup plus anonyme et leurs feux diurnes sont tout aussi discrets, étant intégrés aux blocs optiques.  

Quoi qu’il en soit, c’est par cette partie avant redessinée qu’on différencie au premier coup d’œil une Corolla 2017 d’une 2016. La mise à jour esthétique a permis de souligner le 50e anniversaire de cette populaire petite berline, tout en la rafraîchissant un peu. 

Sous le capot, toutes les Corolla, sauf la version LE Eco, partagent la même mécanique : un 4-cylindres qui sert à cette voiture depuis belle lurette. En 2014, toutefois, on a remplacé sa boîte manuelle à 5 rapports par une boîte à 6 rapports. De série pour les Corolla CE et SE 2017, elle est, par ailleurs, très agréable à utiliser. Ce changement a permis de réduire un brin la consommation, tout en faisant meilleure figure par rapport à la concurrence. 

Cette année-là, on a aussi remplacé la boîte automatique à 4 rapports par la boîte à variation continue, qui s’avère moins énergivore. De série pour les Corolla LE et XSE, et optionnelle pour les autres versions, cette boîte CVTi-S offre un fonctionnement plus agréable grâce à des améliorations récentes apportées à sa programmation. Elle a désormais des montées « étagées », en plus de limiter les pointes de régime interminables qui irritent les puristes. Pour les Corolla SE et XSE, Toyota a même prévu un mode séquentiel et — grande joie! — des palettes fixées à l’arrière du volant qui permettent de l’exploiter pleinement.

Une Corolla « verte »
Et puis, il y a la Corolla LE Eco, une bibitte différente. Lancée en 2014 (oui, c’était une année importante pour la Corolla), elle partage avec la Corolla iM à 5 portes une variante du 4-cylindres de 1,8 litre munie d’un système de calage variable des soupapes d’admission plus efficace. Appelé Valvematic, ce système permet de réduire la consommation de cette Corolla d’environ 8 % comparativement aux autres berlines à boîte automatique. Au passage, ce moteur ajoute un brin de puissance, soit 8 chevaux, alors que ses 126 livres-pied de couple (2 de moins que l’autre moteur) sont produites à 4 000 tours/minute plutôt qu’à 4 400. 

Avec la boîte automatique, les 2 moteurs procurent des performances similaires : ils permettent tous à la Corolla de passer de 0 à 100 km/h en 9,5 secondes environ — un temps, disons, correct, compte tenu de sa vocation urbaine. Au chapitre de la consommation, par contre, la version LE Eco se révèle naturellement plus efficace avec une meilleure cote moyenne de 6,9 L/100 km. Les autres Corolla à boîte automatique affichent une moyenne de 7,5 L/100 km et celles qui ont la boîte manuelle, 7,9 L/100 km. 

La Corolla LE Eco doit ses performances écoénergétiques non seulement à son moteur, mais aussi à des panneaux recouvrant le dessous de son châssis pour optimiser la circulation d’air et réduire les turbulences. Elle a de plus de petits pneus étroits de 15 pouces qui génèrent moins de résistance au roulement, mais aussi moins d’adhérence. Curieusement, ces pneus chaussent des roues d’acier, les mêmes qu’utilise l’humble Corolla CE. Pourquoi pas des roues en alliage, qui permettraient de l’alléger davantage pour accroître son rendement énergétique? La réponse à cette question est sans doute liée à son prix. Après tout, certains diront que la Corolla LE Eco « ne coûte que 500 $ de plus qu’une LE ordinaire », version qui partage essentiellement la même dotation. D’autres, au contraire, remarqueront avec ironie « qu’elle n’est que 300 $ meilleur marché qu’une Corolla S à boîte automatique, qui possède des sièges plus confortables et des pneus avec plus de mordant — ce qui n’est jamais négligeable, surtout sur un pavé humide. Deux points de vue diamétralement opposés, mais pour lesquels Toyota offre néanmoins une réponse…

Au moins, quelle que soit la Corolla choisie, l’une comme l’autre sera agréable à conduire en hiver, car, à l’instar des autres versions de la gamme (la Corolla CE exclue), chacune a des sièges chauffants à l’avant.

Et puis, il faut admettre que l’intérieur de cette compacte demeure accueillant pour 4 adultes de taille moyenne, quelle que soit la version. Par contre, le coffre n’est pas une panacée. Son volume utile de 369 litres, un des moins importants dans la catégorie, le confirme. Une berline Civic (428) ou une Jetta (440) font beaucoup mieux à ce chapitre. Au moins, l’ouverture large du coffre de la Corolla et le seuil pas trop gênant facilitent son utilisation. 

Rappelons enfin que toutes les Corolla 2017 sont livrées avec un ensemble de dispositifs d’aide à la conduite appelé Toyota Safety Sense (TSS). Il comprend, entre autres, un système « précollision » d’assistance au freinage et une alarme de louvoiement (utile pour les conducteurs distraits). Curieusement, cet ensemble n’a pas de système de détection d’obstacles dans les angles morts. De plus, le régulateur de vitesse (adaptatif ou ordinaire) — le « meilleur ami » de l’écoconducteur — fait défaut à la dotation de la Corolla LE Eco!

Mais ces petits oublis n’empêchent pas la Toyota Corolla 2017 de plaire. Les chiffres de ventes le confirment : chaque mois depuis janvier dernier, elle talonne l’automobile la plus vendue au pays, la Civic. Preuve que cette cinquantenaire ne manque pas de charme.

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